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feu paysage et montagne

Comment faire du feu sous la pluie?

Le feu a, sans le moindre doute, eu un rôle décisif dans la survie du fragile bipède à grosse tête que nous sommes. Sans sa découverte point de source de chaleur sur demande ni de cuisson parfumée, point de lumière dans l’obscurité ni de protection contre les animaux… Sans son aide l’humanité aurait peut-être sombré aussi vite qu’elle ne serait apparue, morte de froid au fond d’une grotte, avec un début de peau de bête sur le dos et de la mauvaise viande crue à côté. Songez d’ailleurs que l’on utilise le mot foyer à la fois pour désigner le lieu où brûle le feu et le lieu où réside la famille. Ça vous laisse songeur hein?

Toujours est-il que savoir faire du feu en toutes conditions, qu’il vente, qu’il neige, qu’il pleuve, était une nécessité auparavant. Aujourd’hui cela devient juste une très bonne idée pour ceux qui aiment camper. Quoi de plus déprimant que de galérer à allumer un feu sous la pluie ou accessoirement quand tout est trempé? Car c’est bien évidemment quand il fait le plus mauvais qu’on en a le plus besoin.

On va donc considérer qu’on est en forêt, ou à défaut dans une zone boisée, qu’il pleut et que l’on doit faire un feu. Comment s’y prendre alors?

Trouver l’emplacement

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Sans s’appesantir sur le sujet, un bon emplacement signifie trouver un bon micro climat afin de créer les meilleurs conditions pour démarrer et faire prospérer le feu en toute sécurité de manière pratique et intelligente.

Dans un premier temps on cherche un endroit sécuritaire (là il pleut donc logiquement il y a moins de risque d’embrasement) mais il est conseillé de trouver un coin minéral c’est à dire exempt de végétation (sur une dalle de pierre par exemple). Si l’on ne trouve pas, on grattera le sol afin d’enlever la végétation (feuilles, brindilles mousses) susceptible de se trouver sous le foyer.

Maintenant qu’est-ce qu’un bon micro climat? C’est évident pour beaucoup cela correspond à un espace à l’abri du vent, à la fois pour offrir plus de chance de démarrer le feu sans qu’il soit en permanence souffler, pour que les braises ne s’éparpillent pas tout autour et enfin pour se réchauffer efficacement.

Une fois que nous avons rempli ces conditions, nous pouvons considérer le dernier critère: celui de la proximité du combustible. Une fois que vous avez trouvé l’emplacement idéal, il est temps d’aller rassembler le bois.

Trouver le bois

Nous sommes d’accord que nous touchons ici au point le plus important. De son choix dépendra le succès ou l’échec de votre tentative. Rater ce moment implique de rester encore de longs moments à s’énerver sous la pluie.

1. Ne pas ramasser de bois vert

Le bois vert est – vous le savez tous – du bois vivant. Il ne pourra jamais vous être d’aucun secours quand vous voudrez démarrer un feu car il ne prend pas. Ou alors à une température très élevée. Ceci pour une raison simple: le bois vert est gorgé d’eau. Quand on essaie de l’allumer, la petite flamme est refroidit sans cesse par l’évaporation de l’eau, exactement comme la transpiration nous refroidit quand elle s’évapore à la surface de notre peau. Par conséquent la source de chaleur n’arrive pas à garder la température suffisante (environ 900°c) pour entretenir la réaction entre l’air et le combustible. Il faut donc du bois mort.

2. Chercher du bois mort sur pied

Ne pas ramasser directement le bois au sol (ni pour les allume-feux ni pour le gros bois): il pleut et il ne pleut surement pas pour la première fois, il y a donc de grandes chances que le bois par terre soit imbibé d’eau et impossible à allumer.

Il faut donc chercher du bois mort sur pied autrement dit un arbre mort couché ou une souche. Il y en a un peu partout en forêt. On le choisit sur pied car il n’est pas en contact avec le sol et l’eau de pluie ruisselle à sa surface sans pénétrer nous offrant tout le bois sec à l’intérieur dont on a besoin pour lancer le feu.

Comment faire la différence entre un arbre sans feuille en hiver et un arbre mort? L’arbre mort depuis longtemps n’a plus de petites branches mais seulement de gros moignons. Souvent il n’a plus d’écorce non plus.

3. Type de bois à choisir

AMADOU

On désigne sous le nom générique d’amadou toutes les matière susceptibles de s’enflammer avec un apport de chaleur minimal. Un bon amadou prend sous l’effet d’une seule étincelle de firesteel et brûle suffisamment longtemps pour allumer le deuxième niveau d’allume-feu.

L’écorce de bouleau, l’herbe sèche, les copeaux de bois fins, le duvet d’oiseau, les aiguilles de pin, le bois gras constituent de bons allume-feux naturels. Au pire on a toujours un peu de papier sur soi ou des peluches de cotons dans ses vêtements pour faire l’affaire.

ALLUME-FEU (margotin/petit bois)

L’allume-feu est le bois de deuxième niveau qui sert à développer la flamme de l’amadou et à la transmettre au combustible plus volumineux.

Les allume-feux peuvent être des petites branches mortes et des brindilles que vous détachez des arbres. Vous grattez l’écorce si elle est mouillée.

Mais comme on est sous la pluie et que vous n’avez pas tout votre temps pour ramasser des brindilles en plus du reste, on peut voir que l’on peut faire de l’allume-feu soi-même à partir d’un seul gros bout de bois (cf partie préparation feu).

COMBUSTIBLE (gros bois/bûchette)

En règle général plus le bois est lourd, plus il donne de la chaleur. Les bois durs – hêtre, chêne, acacia par exemple – brûlent bien et longtemps. Attention à ne pas confondre avec un bois plein d’eau!

Maintenant que vous avez détacher une ou deux grosses branches mortes, vous pouvez retourner à l’emplacement que vous avez choisi pour le préparer.

Préparer le feu

C’est à ce moment que vous enlevez votre poncho, sortez un petit peu de corde, prenez votre couteau que vous avez bien entendu toujours sur vous quand vous partez vous balader (la liste des 10 objets à toujours avoir sur soi en randonnée.)

Avec le poncho et la corde vous dressez un abri plus ou moins en pente (en appenti pour les linguistes) situé face au vent pour protéger à la fois le feu et vous même. Une fois dessous vous y déposez le bois.

Maintenant vous allez préparer l’AMADOU (premier niveau d’allume-feu) et l’ALLUME-FEU (ou margotin) en prenant une seule bûchette que vous avez prélevé sur l’arbre.

Avec votre couteau, enlevez l’écorce humide, placez ensuite la lame sur une des extrémités et frappez dessus au moyen d’un autre bâton (1). Ainsi vous fendrez le bois aussi facilement qu’avec une hache. L’idée est de reproduire l’opération le plus possible jusqu’à obtenir des bouts de bois longs, minces et sec en forme d’allumette (2). Plus vos allumes-feu auront ces trois qualités plus facilement ils prendront.

Entaillez ensuite les branchettes en levant des copeaux sans les détacher (feathersticks) (2). Cette préparation accélérera l’inflammation. Voilà vous avez préparé votre bois. Vous êtes quasiment prêts.

Prenez maintenant le gros bois, mettez-le dans l’emplacement choisi pour le foyer. A cette fin il servira de plateforme pour isoler le feu de l’humidité du sol. Il séchera ensuite par l’action du feu et finira par brûler à la fin. Parfait!

Vous installez les allume-feux longs, minces et secs au-dessus et mettez par dessus l’amadou (3). Vous ajoutez ensuite quelques branchettes taillées en copeaux. Voilà le feu est prêt à partir. Il n’y a plus qu’à prendre votre briquet (ou votre firesteel). Oubliez les allumettes qui sont fichues mouillées et ne brûlent qu’une fois.

Vous avez maintenant toute la méthode pour réussir votre feu. Maintenant ça n’est pas en attendant la tempête au milieu de l’océan que l’on apprend à nager, si vous voulez être efficace, entraînez-vous.  Entraînez-vous et entraînez-vous. Ça fait des sorties sympas. Attention à la sécurité, c’est tout. Une forêt ça prend vite.

Si vous avez d’autres idées ou une méthode différente, rendez-vous dans les commentaires.

A bientôt

2 Commentaires

  1. Le papier toilette, qu’on généralement avec soi et qui est à priori à l’abri, peut bien aider pour l’allumage, en guise d’amadou.

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