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Pourquoi partir n’est pas une chance? Vade-mecum à l’usage de ceux qui veulent voyager

[Note: Ce qui suit s’adresse à nous autres qui vivons dans un pays libre, avons un passeport ouvert sur presque tous les pays du Monde et un niveau de vie supérieur à la majorité de nos congénères de cette planète. Si vous êtes gravement malade, coincé sous les bombes ou entre les griffes d’un dictateur, cet article attendra. Car s’il existe bien une chance, c’est celle d’être né, à cette époque, dans cette partie du Monde. Pour le reste, c’est ce que nous allons voir.]

Vous demandez-vous parfois pourquoi vous travaillez alors que votre ami se barre six mois en voyage? Pourquoi d’autres ont une vie si belle et pas vous?

Probablement. Chacun connaît cette petite pensée qui donne le désagréable sentiment de ne pas vivre la vie que l’on voudrait. Dans ces cas-là, nous sommes tous tentés de gémir: « Il a de la chance », « J’adorerais », « J’aimerais être comme lui ».

Et c’est vrai, on adorerait. Si seulement. Pendant longtemps j’ai cru que les choses viendraient d’elles même. Puis un jour j’ai changé de modèle. La bonne nouvelle, c’était que c’était plus facile que je ne pensais.

Mais pourquoi y en a-t-il tant qui pensent le contraire?

Exposé d’une pathologie

Je me souviens d’une discussion que j’avais avec une collègue un mois avant de partir pour mon voyage à vélo autour du Monde. Nous prenions une pause à la machine à café. Deux collègues discutaient à côté de nous. Les questions sur le départ commençaient à se multiplier: étais-je entraîné?  Pourquoi le vélo couché? Quel itinéraire allais-je emprunter? Avais-je peur de passer dans tel ou tel pays? etc… Je voyageais déjà en buvant mon café.

Puis, à la fin de la discussion, en guise de conclusion, j’entends ma collègue soupirer pleine d’amertume : « Ooh tu as de la chance. J’adorerais faire ça un jour. »

J’avoue rester un peu pantois devant tant de détresse. Je me retrouve presque honteux de brandir devant elle la chance dont la vie m’a doté. Je cherche une répartie tonitruante mais rien ne sort à part: « Bah… fais-le ».

Elle regarde en signe de soutien ses deux autres collègues qui venaient de raccrocher la conversation. Ils confirment d’un air entendu: « c’est pas aussi facile que tu le dis, tu as trop de chance. Nous on va rester là à s’em….. » Ma voix disparaît sous les leurs. Quoique je dise, ils se sont mis d’accord sur la sentence: « je suis un chanceux ». Je sors de la pièce avant que l’on me coupe la tête.

J’ai simplement exprimé ma certitude que le voyage qui se profilait n’avait rien à voir avec la chance mais relevait tout entier d’un choix. Cela me paraissait évident mais cela ne semblait pas du tout l’être pour mes collègues.

Il y a donc, pour certaines personnes, l’idée qu’une fée bienveillante se poserait au-dessus de nos berceaux et donnerait à certains la faculté de vivre une vie en adéquation avec leurs rêves. Les autres seraient condamnées à vivre entre les quatre murs d’un bureau. D’un côté la destinée d’Ulysse. De l’autre d’Emma Bovary. D’un côté ceux qui rêvent. De l’autre ceux qui les vivent.

Cela est-il vrai?

Le prix à payer

J’ai longtemps ruminé. Je trouvais cela injuste. La chance ne se mérite pas. Ce mot me dérobe ce que je pense avoir eu du mal à atteindre. Car oui ce n’est pas facile. Comme dans chaque choix, comme à chaque fois, il y a un prix à payer.

Et les objections que l’on m’oppose pour me signifier que, pour eux, c’est plus difficile, je réponds, comme Cyrano dans la tirade des nez:

« Ah! Non! C’est un peu court, jeune homme! ». 

Ce ne sont que des histoires que l’on se raconte pour ne pas prendre ses responsabilités. Petit aperçu de nos alibis les plus tenaces:

« Je n’ai pas assez d’argent »; « Je ne peux pas quitter mon travail, pas maintenant, pas après tous ces efforts, ce serait tout gâcher »; « je suis trop vieux maintenant »; « je ne peux pas laisser mon appartement », « j’ai une famille, des enfants… »

Tout cela est vrai. C’est dur. Ce sont des difficultés, des obstacles, des complexités, je ne le nierai pas. Mais depuis quand réaliser ce que l’on désire vraiment est facile?

Dans les belles histoires qui éclatent sur facebook ou ailleurs, ce qui nous est montré, c’est avant tout la fin de l’histoire. Les galères, les sacrifices, les doutes n’apparaissent pas dans les horizons du salar d’Uyuni ou les geysers de Yellowstone.  Nul trace de difficultés là-bas.

En réalité la plupart d’entre nous ne veulent que le fantasme mais ne sont pas prêts à en payer le prix. 

Mais si ce constat m’agace, cela n’a aucune importance, le plus cruel vise mes collègues. Combien de temps cette croyance va-t-elle entraver leur vie? Longtemps peut-être. Toute une vie possiblement. Que de temps perdu.

Que faire pour contrer ce mensonge et changer d’état d’esprit? Se poser seulement deux petites questions.

Un ennemi à abattre pour un nouvel état d’esprit

Le combat ne se trouve pas chez le voisin qui mène une vie géniale mais bien chez nous. Au creux de notre monde intérieur.

Les petits mensonges que l’on se raconte sont des croyances qui nous dressent des barrières; ils sont des poisons qui nous ralentissent et nous collent aux doigts, comme le pansement du capitaine Haddock. Il faut s’atteler à les démasquer car à n’y prendre garde, ils nous définiront pour la vie.

Une fois, le masqué démasqué, l’imposteur débusqué, on peut enfin s’en prendre à soi-même. C’est une bonne nouvelle car il n’existe aucune malédiction originelle: ma vie est le fruit de ce que j’en fais.

Maintenant si vous voulez réaliser une chose mais que tout ou partie de vous crie que c’est impossible, demandez-vous:

  1. Est-il sûr à 100% que c’est impossible? 
  2. Y a-t-il une personne dans le Monde, qui dans la même situation que moi, réussit à le faire?

Bonne nouvelle: on ne peut jamais être sûr que c’est impossible et il y a (presque) toujours des exemples sur lesquels s’inspirer.

Et si un jour, vous rencontrez une personne qui vous fait rager d’envie, plutôt que de l’envier, remerciez-là. Elle vous montre la voie de ce que vous voulez vraiment faire.

« Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi ! » disait Hugo.

Demandez-lui comment elle s’y est prise. Il y a de fortes chances pour qu’elle soit passée par les mêmes difficultés qui vous font peur. Ne l’oublions pas. Ce qui est intéressant chez les autres qui réussissent, ce n’est pas de les envier mais de les imiter.

J’ai réussi à quitter mon boulot pour réaliser deux grands rêves grâce à des livres. Mais combien d’autres me paraissent encore impossibles à cause des bobards que je me raconte? Une tonne. C’est que je ne suis pas encore prêt. Ce le sera sûrement demain. Mais cela n’aura rien à voir avec la chance.

A bientôt.

_Alexandre

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